La révolution abrahamique : un pont au-dessus d'eaux troubles.
- 30 janv.
- 4 min de lecture
Au-delà des étiquettes : le leadership commence avec des gens ordinaires. L'initiative Abrahamic Revolution de Tom Wegner touche à quelque chose d'essentiel à notre époque. Je suis touché par la douce force de ce projet. Non pas parce qu'il nie les anciennes contradictions, mais précisément parce qu'il pose la question que nous avons trop longtemps repoussée : comment dépasser la rhétorique, les récits figés et surtout les étiquettes qui rétrécissent notre vision ?
On oublie souvent que les changements les plus importants commencent rarement par des institutions ou de grandes déclarations. Ils commencent par des gens ordinaires. Des gens qui sont prêts à ne pas tout réduire à des slogans, des camps ou des identités. Des gens qui osent dire : peut-être que je ne comprends pas tout, mais je veux prendre cela au sérieux. C'est le leadership dans sa forme la plus pure — pas exalté, mais responsable. Les étiquettes « sioniste », « fasciste », « woke », etc. jouent ici un rôle ambigu. Elles ont été créées à l'origine pour clarifier les choses, mais dans la pratique, elles ont souvent un effet restrictif. Dès que quelqu'un est réduit à « ce groupe », « cette croyance » ou « ce camp », l'être humain derrière l'étiquette disparaît. La communication se durcit, les nuances s'estompent et la conversation devient une lutte pour avoir raison plutôt qu'une recherche de vérité ou de valeurs communes. Les étiquettes ne se contentent pas de restreindre les conversations, elles les déforment également.
L'histoire des traditions abrahamiques montre comment quelque chose qui a commencé au sein d'une seule famille s'est transformé au fil des siècles en divisions douloureuses, marquées par la méfiance et parfois une hostilité ouverte. Mais cette histoire nous apprend aussi autre chose : que tout remonte à une seule source, et que c'est précisément là que réside la possibilité d'une réconciliation. Non pas en gommant les différences, mais en cessant de les considérer comme une fin en soi. Le leadership aujourd'hui exige donc autre chose que des déclarations virulentes ou une supériorité morale. Il exige des personnes qui osent regarder au-delà du langage familier, au-delà du réflexe de juger d'abord et d'écouter ensuite. Il exige le courage de se défaire des étiquettes et d'apprendre à nouveau à voir ce qui nous unit : des valeurs communes, un désir de justice, la dignité humaine et un avenir où le vivre ensemble est plus qu'une simple coexistence. La véritable révolution n'est donc pas idéologique, mais morale et relationnelle. Elle se déroule dans les conversations autour de la table de la cuisine, sur les lieux de travail, dans les quartiers et les communautés. Là où des gens ordinaires décident de ne plus se laisser guider par des contradictions passionnées, mais par la responsabilité et la sagesse. Si Abrahamic Revolution met une chose en évidence, c'est bien celle-ci : la voie à suivre ne réside pas dans une rhétorique plus forte, mais dans un leadership plus discret et plus courageux. Un leadership qui commence par la volonté de dépasser les étiquettes et de se rencontrer à nouveau en tant qu'êtres humains.
Pour nous, Noachites, ce mouvement n'est pas un idéal abstrait, mais une mission reconnaissable. Après tout, la voie noachite ne part pas de la politique identitaire ou de la compétition religieuse, mais de la responsabilité morale universelle. C'est précisément pour cette raison que nous nous sentons appelés à regarder au-delà de la rhétorique et des étiquettes. Non pas parce que les différences n'ont pas d'importance, mais parce qu'elles ne doivent jamais avoir le dernier mot. Les valeurs noachites invitent à construire une vie commune : justice, dignité humaine, limites morales et responsabilité envers l'autre. Cela ne nous place pas au-dessus du débat, mais au cœur de celui-ci. En tant que bâtisseurs de ponts, en tant qu'auditeurs, en tant que personnes qui refusent de réduire l'autre à une étiquette ou à une caricature. Notre contribution ne réside pas dans de grands discours, mais dans des actions cohérentes : ouvrir le dialogue, rétablir la confiance, nommer des valeurs communes sans effacer les différences. Nous reconnaissons dans des initiatives telles que la Révolution abrahamique la confirmation qu'un véritable changement est possible lorsque des gens ordinaires prennent leurs responsabilités — et nous voulons y contribuer concrètement. Non pas en niant le passé, non pas en niant la méfiance et la haine qui prédominent, mais en prenant l'avenir au sérieux.
Je pense qu'on ne peut plus prendre le passé comme référence. Je plaide pour l'utilisation de faits vérifiables et d'un objectif commun comme base pour les discussions et les négociations.
C'est ainsi que je conçois notre rôle : modeste, déterminé et axé sur la réparation. Car là où tout peut finalement être ramené à une seule source, il y a aussi la possibilité d'une responsabilité commune.
Le livre de Tom Wegner, The Abrahamic Revolution, sera bientôt disponible en néerlandais.
Écrit par Anne Marie Laseur, membre du conseil d'administration de la Dutch Noahide Community (DNC) et conseillère noachique. Vous recherchez un approfondissement, un accompagnement personnel ou un endroit où poser en toute confiance des questions sur le sens de la vie, la foi et l'orientation de votre vie ? Vous trouverez plus d'informations via le lien ci-dessous :
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